Exemples

Collaboration à un projet de recherche scientifique

La collaboration scientifique est souvent perçue comme mutuellement avantageuse. Lorsque les questions de recherche sont élaborées en collaboration, la collaboration durant la recherche elle-même peut en effet être mutuellement avantageuse. Ce n’est pas le cas lorsqu’un chercheur arrive avec son agenda et veut des sujets humains pour participer à ses recherches.

Ainsi, on voit souvent les chercheurs étrangers qui proposent des collaborations de recherche avec des priorités, des méthodes et des échéanciers très éloignés des besoins, des méthodes et des délais réalisables dans un environnement comme celui de l’hôpital Lacor qui, disons-le, n’est pas un hôpital de recherche.

L’Ouganda, comme plusieurs de ses pairs régionaux a une structure de priorisation de la recherche. Tous les projets de recherche, même les collectes de données rétrospectives, doivent faire l’objet de propositions détaillées. Le Comité d’éthique de l’hôpital Lacor (qui a longtemps été le seul dans le nord de l’Ouganda) doit approuver toute proposition avant de la transmettre au National Council for Science and Technology, situé dans la capitale Kampala. Pour les chercheurs étrangers, tout ce processus implique des délais et peut-être des coûts qui peuvent être contraignants.

En recherche, certaines conséquences négatives locales sont invisibles pour le chercheur étranger. Par exemple, pendant les premières années de la pandémie du SIDA, alors que les tests de dépistage n’étaient pas largement disponibles en Afrique, des chercheurs étrangers offraient des tests dans le cadre de projets de recherche visant à mieux comprendre la propagation de la maladie. Toutefois, l’annonce à une femme de sa séropositivité équivalait à une condamnation à mort — premièrement on savait qu’en Occident, un traitement aurait été accessible; et deuxièmement, elle était chassée de chez elle par son mari, probablement le premier responsable de l’infection. La « meilleure connaissance de la maladie » n’a causé que des torts aux populations étudiées.

La démarche vise à assurer des retombées positives sur le développement national tout en évitant le plus possible des conséquences négatives.

Le type de recherche que l’hôpital souhaite et est en mesure de mener, avec la participation de chercheurs étrangers, est de nature opérationnelle : mieux comprendre les maladies locales, identifier des solutions efficaces et durables à des problèmes concrets de diagnostic, de traitement et de suivi. Cela nécessite une discussion approfondie avec les dirigeants de l’hôpital afin de bien définir les objets de la recherche (le problème de santé, les méthodes d’observation directe et la collecte de données sur le terrain) et les rôles et responsabilités du personnel local qui devra mettre en œuvre tout changement résultant du projet et ultimement améliorer l’accès aux soins et la qualité des services. Les méthodologies simples et adaptables sont privilégiées, car le principal défi n’est pas tant le manque de connaissances sur ce qu’il faudrait faire, mais plutôt la grave pénurie de ressources humaines et financières nécessaires pour le faire.

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