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L’Ouganda a connu des décennies d’effondrement politique, économique et social à partir de la fin des années 1960. Le conflit Ouganda – Tanzanie en 1979 a poussé le pays dans des années de terrible conflit civil. Avec sa prise de pouvoir en 1986, l’actuel Président de la République, Yoweri K. Museveni, a graduellement reconduit la plupart du pays à la paix, l’état de droit, et la reprise économique; l’exception est le nord du pays où vivent les Acholis.
L’Hôpital St. Mary’s Lacor se situe dans le nord de l’Ouganda, au pays des Acholis où un violent mouvement de rébellion s’est terminé seulement en 2006. À la fin du conflit, plus de 95% de la population du nord était dans des camps pour réfugiés internes (Internally Displaced Persons camps), depuis des années et en condition de manque de tout.
Aujourd'hui, la région Acholi demeure l'une des plus pauvres au monde. Selon le Bureau des statistiques de l’Ouganda (2019-2020), 80 % des ménages ne peuvent se permettre une alimentation suffisante et saine; 56 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, 78 % habite dans des huttes aux toits de chaume, et 84 % ont un plancher en terre battue. Voir [en anglais] Multidimensional Child Poverty in Uganda.
La pandémie de COVID-19 a aggravé la pauvreté (hausse de 30 % dans les zones rurales) et a entraîné une hausse du décrochage scolaire, surtout chez les filles. À cela s’ajoutent des lacunes majeures en infrastructures essentielles (eau courante, égouts, électricité). À l’exception de deux ou trois routes nationales, les chemins sont en terre battue et plusieurs deviennent difficiles, voire impraticables, durant la saison des pluies. Les difficultés de déplacement qui en résultent peuvent rendre une maladie ou un accouchement dramatiquement plus risqué.
Comme le souligne un rapport récent de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’incidence des dépenses de santé catastrophiques est extrêmement élevée dans les pays à faible revenu. Cet indicateur informe l’objectif de développement durable (ODD) 3.8.2 à atteindre d’ici 2030. Il représente la proportion de familles qui consacrent de 10 à 25 % de leur revenu familial annuel aux soins de santé — rappelons que le seuil de la pauvreté en Ouganda est de 3,00 USD par jour (2021—parité de pouvoir d’achat). En Ouganda, 40 % des dépenses courantes en santé sont encourues par des familles pauvres, principalement pour l’achat de médicaments et les soins hospitaliers.
C’est là ou l’hôpital St. Mary’s Lacor fait la différence. Son effort principal est de subventionner le coût des soins, afin que les gens de la région puissent se faire traiter en sachant qu’ils devront contribuer l’équivalent de quelques poules ou de quelques sacs de haricots, mais sans avoir à choisir entre vendre leur maison et leur lopin de terre, ou renoncer aux soins pour ne pas ruiner leur famille.
La générosité des donateurs permet à l’hôpital de subventionner 75 % des soins de santé de ses patients et d’offrir des soins médicaux qui n'entraînent pas la destitution ou qui n’aggravent pas une pauvreté déjà existante. L’hôpital joue donc un rôle essentiel dans la région, non seulement dans les domaines de la santé, de la formation du personnel médical et du développement, mais il permet aussi de lutter contre la pauvreté en offrant un accès abordable aux soins de santé et en étant un employeur de choix.
Ce qu'est l'hôpital
Une organisation sophistiquée de plus de 600 employés qui poursuit la mission de ses pionniers, les Dr Lucille Teasdale et Piero Corti. Des hommes et des femmes professionnelles constituent le corps médical et infirmier. Plusieurs travaillent de concert avec l'université locale et le gouvernement national pour former de nouveaux professionnels. Le personnel de l'hôpital connait très bien les problèmes de santé communs de la région, qu'ils soient dûs à des facteurs environnementaux ou sociaux.
L'hôpital manque de moyens surtout financiers. Il opère dans une région pauvre d'un pays pauvre. Il évite à sa clientèle d'être ruinée par le coût des soins de santé.
Ce que n'est pas l'hôpital
Ce n'est ni une hutte dans la brousse ni un endroit où on peut mettre en place un système de santé à coups de projets de trois ans, sans égard à la pérennité des mesures requises, portant tantôt sur une maladie, tantôt sur une autre. On ne peut avoir un système de soins axé seulement sur ce que les donneurs veulent financer. Le tout doit être cohérent et financé adéquatement.
L'hôpital n'est pas un organisme démuni d'expérience, de capacité d'analyse et de gestion. Ses dirigeants ne sont pas mal intentionnés, mal formés et prêts à recevoir toute forme d'aide que ce soit, sans égard à sa pertinence relativement aux problèmes locaux.
