Exemples

Dons d’équipements et contributions à l’infrastructure

On entend par équipements et infrastructure des actifs immobilisés à l’état de la situation financière. Un équipement est relativement amovible tandis que l’infrastructure est fixe et pratiquement indissociable des installations physiques—bâtiments, réseau électrique, réseau d’aqueduc et d’égout, etc.

Quand un donateur exprime initialement le désir de financer « un appareil, quelque chose de physique, pour être sûr que l’argent ne soit pas gaspillé, » il ne réalise pas que le contraire est souvent la réalité. Les paragraphes suivants expliquent comment cette réalité contraire est invisible aux donateurs.

Si on pense à de l’équipement usagé, il faut se poser en premier les questions suivantes : quelle est la vie utile restante dudit équipement? Est-il toujours possible de le réparer et d’en faire l’entretien? Pourquoi les hôpitaux canadiens n’en veulent-ils plus? Si les réponses à ces questions sont satisfaisantes, les prochaines questions sont semblables à tous les cas d’achat d’équipement neuf.

L’hôpital investit dans les équipements et infrastructures nouvelles avec une grande prudence, car l'investissement initial n’est que la pointe visible de « l’iceberg des coûts » : la partie submergée générera une augmentation des coûts récurrents de personnel, de formation, de fonctionnement, de maintenance, etc. pour éviter la péremption prématurée de l’équipement ou de l’infrastructure.

À cela s’ajoute la difficulté de coordonner les dons d’équipements provenant de sources diverses et de dialoguer avec les donateurs qui ont de strictes priorités.

L’acceptation d’un don d’équipement entraine des coûts invisibles (au donateur) souvent non soutenables pour le donataire. Dans un contexte de ressources très limitées, le coût d’installer et maintenir en fonction un équipement technologique engloutit une proportion significative du budget discrétionnaire (lequel est très limité en Ouganda) et, par conséquent, nuit de façon significative au budget disponible pour « tout le reste. » Et il faut prévoir que plusieurs pays, dont l’Ouganda, impose des droits de douane sur les équipements qui entrent dans le pays même s’ils font l’objet d’un don—une mesure qui assure que les dons ne minent point le marché des représentants locaux d’équipements médicaux et que le pays ne soit pas inondé d’équipements obsolètes.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un hôpital à but non lucratif en Afrique subsaharienne peut avoir jusqu’à 60% de ses appareils médicaux qui lui ont été donnés (neufs ou usagés) de l’étranger. Mais jusqu’à 60% de tous ces appareils ont cessé de fonctionner dans les six mois suivant leur entrée dans le pays; certains n’ont même jamais fonctionné. Cette situation illustre le déséquilibre entre les pouvoirs, les priorités perçues et les désirs de montrer « le don concret » envoyé en Afrique.

Toujours selon l’OMS, dans les pays à revenu élevé, moins de 1 % des équipements d’un hôpital sont défectueux et non fonctionnels; en Afrique, c’est au-delà de 50 %.

Finalement, l’acceptation de plusieurs dons fait en sorte qu’un donataire, hôpital le cas échéant, peut se retrouver avec plusieurs modèles et marques d’un même appareil, ce qui fait exploser ses frais de formation et d’entretien.

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