Samedi, chez Titin Albina, la fiancée de Jacopo, nous sommes accueillis par un groupe de danseurs traditionnels. Au bout de l’allée d’entrée, les enfants du coin se sont rassemblés pour profiter de la fête.
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Cette région au sud de Soroti, dont est originaire la mariée, est le territoire du peuple Teso, qui parle une langue nilotique orientale. En 1902, le régime colonial britannique a redessiné la carte du territoire Teso en le scindant en deux : la partie orientale a été cédée au Kenya, séparant ainsi ce peuple en deux États différents.
La cérémonie est magnifique.
La veille, la négociation rituelle a eu lieu, au cours de laquelle a été convenu la somme de la dot que le marié doit verser au père de la mariée. Une fois cette étape franchie, le lendemain a lieu le rituel de « présentation » à la famille de la mariée, guidé pas à pas par un maître de cérémonie vêtu d’un manteau traditionnel par-dessus son veston et sa cravate.
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La mariée, au centre, posant avec l’équipe féminine du Lacor : de gauche à droite, Betty Lajara P'atingo, Jackie Amony, Giulia Monti, la mariée, Grace Apiyo, Rose Grace Ayoo, Carolina Laghi.
Le marié et la mariée ne se voient pratiquement pas pendant toute la durée de la cérémonie, banquet compris. En effet, les amis du marié et les amies de la mariée les tiennent cachés l’un à l’autre et ce n’est qu’à la fin (ou presque) que les deux époux se rencontrent.
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La mariée, vêtue d’un magnifique « gomesi » traditionnel ougandais, s’agenouille devant ses parents et leur présente le marié. Ses parents lui donnent ensuite leur consentement et leur bénédiction.
La mariée peut alors changer de robe et enfiler une spectaculaire robe blanche ornée de bijoux traditionnels. Tenant à la main un sceptre traditionnel, symbole de fertilité, elle accepte du marié une bague bénie par une représentante de l’Église.
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Enfin, assis sur un petit trône, les mariés reçoivent les cadeaux de mariage, toujours accompagnés de chants et de danses.
Le gâteau est coupé uniquement par la mariée et ses frères et sœurs, puis servi personnellement par la mariée et sa demoiselle d’honneur aux parents et amis du marié.
Le lendemain, tôt le matin, nous prenons la route pour l’aéroport d’Entebbe. Il y a un peu moins de 300 km de route goudronnée qui part de Mbale vers le sud-ouest, mais Google nous indique 5 heures de trajet. Nous redoutons surtout les terribles embouteillages de Kampala où, avant de prendre la Northern Bypass, la voie périphérique qui contourne la capitale par l’ouest, nous risquons de rester bloqués pendant des heures.
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À Jinja, je demande si tout le monde est d’accord pour faire un petit détour par les sources du Nil : c’est ici, dans le lac Victoria, que le Nil Victoria, ou Nil Blanc, prend sa source et commence son parcours de 6 600 km vers la mer Méditerranée.
En 5 minutes, nous quittons la voiture et descendons sur les rives du grand fleuve.
Vers le nord, un jeune homme lave sa moto dans les eaux à l’aide d’une brosse en chaume qu’il frappe périodiquement avec une pierre pour l’assouplir.
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Au sud, à contre-jour et nimbés d’un millier de reflets scintillants, des pêcheurs sur leurs embarcations traditionnelles, longues et effilées, tentent péniblement de décrocher leur pain quotidien.
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Nous ne manquons pas de nous faire prendre en photo avec le Nil en arrière-plan. Derrière nous, le lac Victoria est caché par un méandre du fleuve.
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Nous reprenons la route vers Entebbe et le vol qui ramènera Contardo et moi en Italie cette nuit.
Carolina nous suivra 24 heures plus tard et Giulia profite du fait que son beau-frère travaille au Caire pour faire une brève visite en Égypte avant de poursuivre ses vacances de Noël en Italie.
