Cette lettre porte sur des questions qui sont à peine traitées dans les nouvelles canadiennes. Elle donne une perspective sur l'important travail que nous appuyons avec votre aide à l'Hôpital St. Mary's Lacor.
Vous êtes nombreux à nous demander des informations sur l'épidémie d'Ebola, variant Bundibugyo, qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda. Ce variant est une souche rare pour laquelle il n'existe actuellement aucun vaccin ni traitement spécifique approuvé.
Le foyer principal se situe dans la province d’Ituri, en RDC. Le lundi 25 mai, sept cas ont été confirmés à Kampala, la capitale ougandaise. Ils étaient liés à des personnes venus de la RDC et à leurs contacts. Les autorités sanitaires ougandaises ont immédiatement mis en œuvre à l'échelle nationale les mesures d'intervention prévues :
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Détection précoce des cas grâce au renforcement de l'identification rapide des symptômes suspects (tels que fièvre, vomissements, diarrhée, saignements et décès soudains), qui doivent être immédiatement signalés aux autorités sanitaires.
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Recherche des contacts : toutes les personnes ayant été en contact avec des cas suspects ou confirmés sont identifiées, enregistrées et suivies quotidiennement pendant 21 jours afin de détecter l'apparition éventuelle de symptômes.
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Surveillance en laboratoire : le réseau de laboratoires a été renforcé pour analyser les échantillons suspects.
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Surveillance aux frontières : dépistage sanitaire, collecte d’informations sur les voyageurs et suivi des mouvements aux principaux points de transit.
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Surveillance communautaire : les agents de santé communautaires, les bénévoles et les responsables locaux signalent les cas suspects de maladie et les décès inhabituels, et soutiennent les activités de sensibilisation et de prévention.
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Prévention et contrôle des infections dans les établissements de santé : suivi de l’utilisation des équipements de protection individuelle (EPI), de la sécurité du personnel de santé, de la disponibilité des zones d’isolement et du respect des procédures de contrôle des infections.
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Surveillance et enquête sur les flambées épidémiques et les décès soudains : suivi des clusters de fièvre ou de symptômes hémorragiques et mise en place de procédures d’inhumation sécurisées pour réduire le risque de transmission.
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Coordination régionale et internationale : collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Centre africain de contrôle des maladies, la RDC et les partenaires humanitaires afin de partager des données épidémiologiques et de laboratoire, ainsi que des informations sur les déplacements des contacts à risque.
À l'hôpital Lacor, la vigilance est également de mise. Le personnel participe à des sessions de formation visant à renforcer la surveillance, la détection des cas suspects, les procédures d'isolement et les protocoles de protection, qui doivent être pratiqués à maintes reprises jusqu'à ce qu'ils deviennent un réflexe. Les stocks d'équipements de protection individuelle sont en cours de réévaluation, et la Fondazione Corti a déjà débloqué une première enveloppe de 18 000 EUR (30 000 CAD) pour réapprovisionner les stocks si nécessaire.
Comme nous l’a rappelé le Dr Emmanuel Ochola, épidémiologiste et directeur scientifique de l’hôpital Lacor : « Dans la lutte contre les épidémies, la prévention est le premier et le plus important bouclier. L’expérience nous a appris qu’être préparé à l’avance, c’est gagner la confiance des gens et sauver des vies. »
Le virus Ebola ne devient contagieux qu’à l’apparition de symptômes, tels que la fièvre, et c’est à ce moment-là que les autorités devraient exiger l’isolement et effectuer des tests pour déterminer s’il s’agit d’Ebola ou d’une autre affection, comme le paludisme ou une gastro-entérite. Certains pays ont effectivement adopté ces pratiques. Le Canada n’en fait pas partie. Dans ces pays, comme l’Italie, les autorités sanitaires locales surveillent quotidiennement les voyageurs en provenance de la RDC et de l’Ouganda dès leur arrivée et ce, pendant 21 jours, soit la période d’incubation maximale du virus Ebola. Le Canada exige l’isolement dès l’arrivée, quel que soit l’état de santé du voyageur.
Dans des moments comme celui-ci, il est important d’accorder une attention particulière à la qualité des informations diffusées. Des titres sensationnalistes ou rédigés à la hâte peuvent susciter inutilement la peur et la confusion.
Par mesure de précaution, les étudiants, les internes et les stagiaires qui se trouvaient à l’hôpital Lacor ont été rappelés par leurs universités.
Depuis 2000, année où l’hôpital Lacor s’est trouvé en première ligne pour contenir l’épidémie dévastatrice d’Ebola qui a frappé l’Ouganda pour la première fois, la vigilance, la prudence et le renforcement continu des compétences et des protocoles ont permis d’acquérir une riche expérience sur le terrain.
Aujourd'hui, l'hôpital Lacor continue de soigner, de prévenir et de protéger, même dans les circonstances les plus difficiles. Les deux fondations (Fondazione Corti et Teasdale-Corti) restent, comme toujours, aux côtés de l'hôpital Lacor, de son personnel ougandais et expatrié, en leur apportant un soutien financier et toute l'aide supplémentaire qui pourrait être nécessaire.
Votre présence à nos côtés est essentielle.
Avec toute notre gratitude pour votre soutien continu,
Dominique
