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Le cœur caché de l'Hôpital

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Si tout fonctionne bien, personne ne remarque son existence, mais lorsque quelque chose ne va pas, toute son importance apparaît. Le Département technique, dirigé par l’ingénieur Jacopo Barbieri, est le moteur de l’hôpital.

Un hôpital (même en Afrique) est un système complexe où tout doit fonctionner au mieux.

Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Afrique est un véritable cimetière d’équipements médicaux : achetés ou donnés, près de 80 % deviennent inutilisables après moins de six mois, faute de maintenance, de pièces de rechange ou de consommables.

Ce n’est pas le cas à l’Hôpital Lacor. Pourquoi? Nous avons posé la question à l'ingénieur Jacopo Barbieri, directeur du Département technique.

« Dans mes expériences précédentes en Afrique, je devais souvent gérer des projets de courte durée. En arrivant au Lacor en 2019, j’ai découvert un hôpital actif depuis plus de soixante ans, d’une remarquable complexité.

Grâce aussi à la philosophie de la Fondation Corti, qui soutient l’hôpital avec des objectifs clairs et constants, en comblant les discontinuités dans le financement des dépenses courantes, il est possible de planifier des stratégies à long terme, sans se limiter à des interventions d’urgence. »

Malgré les défis d’un contexte à ressources limitées, tout fonctionne au Lacor grâce à son Département technique, qui appuie les efforts du personnel médical et infirmier pour garantir des soins de qualité à la population.

« Mon équipe assure le bon fonctionnement des salles d’opération, du service de radiologie, des laboratoires, du système d’oxygène et de tous les équipements cliniques, mais aussi des infrastructures civiles.

Nous devons garantir l’approvisionnement continu en électricité (plus de 1 200 000 kWh par an), en eau potable (plus de 300 m³ par jour), la construction et la maintenance des bâtiments (environ 190 000 m²), des routes internes, du réseau d’égouts, du parc automobile et du système de gestion des déchets. »

Combien de personnes sont mobilisées pour gérer tout ce travail?

« Le département est divisé en deux sections. La première, dirigée par l’ingénieur Uma Santo, s’occupe de l’énergie et des appareils biomédicaux. Elle compte trois techniciens biomédicaux, trois électriciens, trois opérateurs pour le système d’oxygène et cinq personnes responsables de la purification des eaux usées et de l’élimination des déchets.

La seconde, dirigée par Antony Okullu, s’occupe de la menuiserie, de la plomberie, de la mécanique, de la maçonnerie, de l’entretien général et des espaces verts, avec une cinquantaine d’employés. »

Contrairement à l’Amérique du Nord, tous les travaux doivent être réalisés à l’interne, car il n’existe pas d’entreprises locales capables d’offrir ces services. La gestion des stocks d’outils et de matériaux est également cruciale, tout comme l’analyse des coûts et de la qualité des produits à acheter.

« Dans un hôpital, le soutien technique doit être assuré jour et nuit : tout comme il y a un chirurgien de garde, il y a aussi un électricien de garde. C’est énormément de travail. »

Tu es arrivé au Lacor à une époque où le Département technique était dirigé par Frère Elio Croce, qui avait pratiquement construit tout l’hôpital. Comment était-ce de travailler avec lui?

« Elio était un mythe, il avait une passion et un attachement uniques. Il aimait profondément la population locale, et tout le monde l’aimait. Travailler avec lui n’était pas toujours facile, car il dirigeait souvent sans trop d’explications, mais il était extrêmement intelligent et raisonnable. Il possédait, innée et renforcée par ses années passées en Afrique, une incroyable capacité à s’adapter aux problèmes et à trouver des solutions improvisées, peut-être pas toujours orthodoxes, mais toujours très efficaces. »

Depuis que tu es au Lacor, qu’as-tu réalisé?

« Au cours des cinq dernières années, nous avons installé un nouveau générateur électrique, renforcé le système UPS qui assure la continuité d’alimentation électrique en cas de panne du réseau national. Nous avons mis en service trois nouveaux appareils de radiologie; modernisé le service de stérilisation avec deux nouvelles machines et la rénovation de deux autres. Nous avons remplacé les tables et lampes opératoires dans les sept salles d’opération, et reconstruit l’incinérateur hospitalier, réduisant ainsi les coûts et les émissions nocives.

En septembre 2023, nous avons inauguré une nouvelle unité néonatale, entièrement construite par nous, à l'interne.

Nous avons également bâti un quartier résidentiel de 67 appartements, en remplacement des anciens logements construits pendant la guerre pour héberger en sécurité les infirmières. »

Le travail accompli et les résultats sont impressionnants, mais les difficultés et les défis ne manquent certainement pas.

« Les difficultés et les défis sont les seules choses que nous avons en abondance. Le plus grand aujourd’hui est de prévoir les besoins futurs pour orienter nos choix stratégiques. Nous devons aussi former une relève du « middle management » technique professionnellement autonomes et renforcer la sécurité au travail. Mais si les obstacles ne manquent pas, on peut toucher avec les mains les résultats, et celle-ci est la plus belle récompense.

Et le meilleur des encouragements. »

Ing. Jacopo Barbieri, directeur du Département technique

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